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Samedi 16 décembre 2006 6 16 /12 /2006 16:37

Car l’interruption des mots est impossible, alors que se forme un goulot d’étranglement, ils se tassent les uns contre les autres et lorsqu’ils finiront par sortir, ce sera une salve déchiquetée de particules illettrées… Ce ne sera pas beau, cette explosion de sons fripés, défigurés.

Il faudra le premier écrit, l’encre qui emplisse, il faudra qu’ils vivent.

Je leur apprendrai à bien me dire, je les ferai grandir pour qu’à leur tour ils puissent devenir.

Je serai la lettre X au quatre fils de mots tendus, l’araignée au milieu de sa toile avec mes points et mes virgules et je m’articulerai.

Puis dans mon espace ainsi créé, je serai.

Sortie de moi en étant moi.

Portée des miens.

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Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /2006 12:32

 

Assise par terre, bras croisés, sourde colère après avoir tout envoyé en l’air, crayons et papier, elle s’enferme le regard noir tourné en elle.

Tout ça pour un mot, un bruit, un effleurement …

Je l’ignore.

Je fais comme si, dans un ton adouci je poursuis, je lui souris, puis sans un cri je la « délivre » parce que j’ai compris que moi aussi étant enfant j’étais ainsi. Doucement je lui dis : va –t-en puisque c’est nous tous qui te blessons. Alors elle regagne l’image de cette enfant calme et sage. Mais dedans, dedans…

Ca fait mal, c’est insupportable les autres parce qu’ils ne savent rien, parce qu’ils sont tous méchants, parce qu’ils se trompent tout le temps.

Pourtant je suis gentille, je partage mes crayons de couleurs, j’aide du doigt à suivre les lignes mais je cherche toujours l’erreur, la faute de l’autre…la faille…

Je ne suis pas d’ici et ma place parmi vous je ne l’ai toujours pas. Je suis abandonnée à un prénom et à un nom qui ne me ressemblent pas. De plus les deux côte à côte s’injurient…

Je suis déplacée, je suis d’endroit en endroit, je suis laissée à moi et si j’existe parfois c’est en piquant mes colères sans larme pour que l’on s’aperçoit que ça ne va pas.

Les interdits se posent de plus en plus, j’ai de moins en moins de droit, je fais de plus en plus peur avec mes airs d’ailleurs qui donnent cette impression de me moquer alors qu’ils ne sont qu’à rêver.

Ma colère c’est de n’être qu’une enfant sans parents, ni les vrais, ni les faux. Ma colère c’est qu’un adulte ne soit pas grand. Ma colère c’est d’être petite et sans voix…

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Lundi 18 décembre 2006 1 18 /12 /2006 19:09

Lundi venu

Elégance avenue.

Des blocs d’amphores disparates me câlinent du regard, je passe sans retard, pressée de froid, de fausse chaleur. J’allume une à une les fenêtres de la grotte, de ce geste répété qui commence à me lasser.

Mortel ennui

Il fait encore nuit.

J’ai une sirène dans le cœur, un monde imaginaire qui bat à mille à l’heure. Son ombre me suit et si je me retournais ? Pour qu’enfin elle apparaisse.

Au secours je rêve.

Je rêve qu’elle est là derrière des apparences. J’embrasserais le mur, m’allongerais sur la table en autopsie d’absence.

Elle me manque tant

Que partout je la sens.

J’ai son œil sous mes paupières, sa main posée sur le livre ouvert, son tatouage du désir, ses lettres de sang et ses pieds à n’en plus finir.

Je l’aime sans la connaître avec juste ce qu’elle me donne à paraître, des morceaux d’elle, alors j’invente les autres pièces. Je me promène dans son tableau vivant, me mêlant et m’emmêlant jusqu’à ce que quelqu’un la prenne dans ses bras et la fatigue d’amour.

Lundi midi

Tristesse du gris

Je rentre robotisée, des dossiers suspendus dans le vide du tiroir, les bons de commande ont disparu, les listes des inventaires s’allongent et moi je suis toujours debout à recompter les pièces. Les pièces du puzzle à billet.

Des pâtes à la sauce tomate viandée. Je viande il faut manger, il faut ranger, il faut aller. Pas de course à la charge du temps.

Vivement ce soir et le silence

Des mots qui dansent.

Le clochard sous l’abribus n’a plus son chien, ni sa bouteille de vin. A moins qu’ils ne soient blottis tout contre lui sous son long manteau de pluie.

Il pleut du brouillard.

Je vis dans le hasard.

Lundi soir

Dans un mouchoir

J’éternue mes mots sans fin.

 

 

 

C’est quand le soleil ?

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Lundi 25 décembre 2006 1 25 /12 /2006 12:43

 

Je cloche mes pieds sur le bitume, la montagne de mes soupirs s’exhale en petits nuages et les mots lus s’effacent en vapeur tiède.

Je palpe le vide et l’absence, les manques, les traces de ma souffrance. Je joue deux jambes dans le silence, éteignant les sirènes du temps, étreignant mon regard du présent.

Je souffle comme je souffre, à cloche-pied, à cloche merle, cahin-caha, je marche à belle… A belle si tu savais ma déception soudaine, ma tristesse de te savoir telle que tu es et de ne jamais plus pouvoir te toucher.

Je dévie et pourtant je ne vais nulle part, c’est qu’alors sans y penser quelque chose me guide encore.

 

Je cloche mes pieds sur le bitume, la montagne de mes soupirs s’emmêle en petits nuages et les mots lus transpirent de nouveau.

Je palpe les murs et les décors, les présences et les marques de la mort. Je joue à nous dans la barque vide, éteignant les sirènes du temps, étreignant mon regard du présent.

Je souffle comme je joue, à coups de corne dans la brume, à bateaux déprimes qui s’arriment, cahin-caha et je navigue à belle… A belle rencontre soudaine, à bel impromptu sorti des cordes de l’univers, à lumineux génie tout droit sorti d’une harmonie.

Je dévie et pourtant c’est bien le chemin, c’est qu’alors sans y penser quelqu’un guide ma main.

 

25 décembre 2006

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Dimanche 31 décembre 2006 7 31 /12 /2006 18:04

 

Et un jour de plus sur la terre d’accueil de mon exil involontaire, je tourne et retourne tous les mots de ces seize derniers mois…  

Je réussis de nouveau à lire ce que je vois, je vois ce et ceux qui m’entourent, j’entends de nouveau d’autres mots que les miens, j’entrouvre la porte du destin, j’ai un petit espoir, tout petit mais c’est déjà si important pour moi de savoir que je peux encore.

Je peux encore la vie.

Je peux encore aimer.

 

A Wonderful New Year

 

All Over The World… And In Your Heart… (so)

 

 

…et là je m’offre une grande tournée de blogs… à votre santé à tous…

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Mercredi 3 janvier 2007 3 03 /01 /2007 16:25

Le silence est en audience.

 

La tempête des mots s’étrangle en boule dans l’ascenseur des turbulences.

Une boule qui refuse de se laisser glisser le long des parois lissées de câbles d’acier.

 

Le silence huis clos de ma présence.

 

L’air est capitonné, l’espace feutré, flotte l’odeur de l’absence, cernée par la prudence, je désapprends mon impatience.

 

Le silence en itinérance.

 

Je peuple le vide de mots écrits en transparence, j’erre sans fin, je ferme sans point, j’enferme mes poings…

 

Le silence au bord de l’imprudence.

 

Je n’en peux plus, je vais exploser en déchirures de papier. Viens parce que je vais crier, je vais hurler, viens poser la main sur l’arborescence de ma souffrance. C’est une montée en puissance, c’est le printemps de ma naissance, c’est le souvenir dérangeant, c’est le cri qui tue l’intolérance.

 

La fin tragique du silence.

 

Les mots alors à l’affût, aiguisés des meilleures intentions (!) se déployèrent en morsures légères puis s’engouffrèrent dans les failles et brisèrent l’étau… libérant le goulot.  

 

La pénitence du silence.

 

Se faire l’écho de tous les mots...

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Vendredi 12 janvier 2007 5 12 /01 /2007 18:50

Décalée des mots. Je suis à l’affiche sur toutes les lèvres et les placards publicitaires me rendent transparente.

Je regarde derrière moi cette voiture verte à plat si haut perchée, mon regard est détourné par un monticule de terre, des traces de verdure, des nuages dans le ciel alors je m’éloigne par les yeux, je devine la ville ou plutôt une autre ville, celle-là je la connais trop par cœur…je rêve de fatigue et je laisse passer les voitures qui montent, je ne parviens plus à ajuster les distances, non…je n’ai pas envie de calculer, de laisser mon cerveau me piloter…

Je laisse passer le défilé. Il y avait un cheval mais trop tard pour me retourner.

Qui sont toutes ces personnes que je croise ? Où vont-elles ? Elles rentrent chez elles ou alors achever les soldes ou alors se dépenser en achats…Elles font comme tout le monde, elles font comme moi, je fais comme elles. Je suis un robot.  Et ceux devant qui continuent toujours tout droit. Moi je bifurque à droite et j’entre enfin dans « mes terres », peu à peu je quitte la laideur et le bruit, quelques traces encore de ci delà, c’est l’espace enfin de gauche à droite, la nudité de la terre et au loin les collines qui se dessinent, les nuages tous ces nuages, tout ce ciel, même gris presque noir, même la nuit sans étoiles, la lune en demi voile, c’est beau, c’est bon, ça me fait du bien, c’est l’appel de chez moi. Je commence à aller mieux, je me décrasse de ma journée, je retiens des paroles échangées, des situations cocasses, je souris et j’entame la chanson des dernières heures passées. Je ne croise plus personne, la route est vide pour moi, je la remplis en dépassement de pointillés, je mordille comme dans le gâteau de mon goûter. Et soudain j’ai faim, je me souviens de mon corps, mes pieds me rappellent qu’ils existent. Je pense à rentrer vite. Je réussis à chanter, à étendre ma jambe gauche, j’entrouvre la vitre en clignotant sur le bouton d’ajustement, la dernière option électrique qui ait résisté au temps. Même si demain tout recommence, je savoure d’arriver, comme si je venais de gagner ma liberté, une évasion de quelques heures avant d’être reprise et repartir pour le pénitencier. Je m’en fous parce que demain je recommencerai.

La rue, ma rue avec encore tous ces pères noël que le vent n’a pas su décrocher, toutes ces voitures parce que voilà c’est la fin de semaine, toute ma maison enfin qui demain sera la seule à s’éveiller aux aurores. Mais ce sera bien de refaire ce trajet dans l’autre sens et de traverser le monde endormi, comme si moi aussi je dormais encore, sans vigilance puisque la vie est en sursis. Un voyage reposée reposant, ultime dernière ligne droite avant le repos dominical…Le repos ? Le repos, l’oubli du garde-à-vous, le relâchement vestimentaire, la trac’mobile au garage et puis…et puis…tout ce que je n’ai pas eu le temps de faire…Mais là ! tant pis si au lieu de…je me libère de mes pieds sur la terre jusqu’au bord de la mer…

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Jeudi 18 janvier 2007 4 18 /01 /2007 19:05

On achève bien les chevaux et ça fait mal au cœur qui se soulève d’apesanteur…On achève bien tout un jour ou l’autre et l’on se dit à chaque fois le plus tard possible. Mais là c’est maintenant qu’il faut achever l’impossible, l’insupportable souffrance de l’être et je n’ai rien lu que des titres sur un rayonnage de bibliothèque et je n’ai rien dit car je pensais déjà que ma place n’était pas ici. Car elle est là dans cette danse obscure à lutter contre l’invincible, pas même un ennemi, juste une cadence à soutenir avec comme dossard le numéro ennemi…

 

 

Je n’ai rien que quelques bouts de mots collés à mes talons, des perles de transpiration et dans mon ventre l’écho de la peur qui me maintient en vie. Mais j’ai aussi mes yeux collés à l’ennui de ceux qui me taisent d’excuses avec ces sourires de demain à m’accueillir dans le petit matin lorsqu’à moitié endormie je répondrai : ça va… Nous sommes le dix-huit janvier il fait quatorze degré, la tempête a décapité tous les panneaux indicateurs et les routes sont joncées de débris divers et d’avaries mais je souris car dans l’adversité je me sens poussée par autre chose que de la rancune noircie d’amertume, je me sens forte à achever…on achève bien les chevaux…Alors je me tuerai au boulot…Au moins j’y suis pour quelque chose sans esprit chevalin, juste pour aider les poulains à devenir de grands conquistadors.. On n’achève pas les chevaux sous prétexte qu’ils ne sont plus bons à rien…

 

 

 

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Dimanche 21 janvier 2007 7 21 /01 /2007 17:19
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Jeudi 25 janvier 2007 4 25 /01 /2007 06:04

Quand les mots de Merlin enchantent les miens...

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