Volodia Sminervovna

Mardi 23 octobre 2007 2 23 /10 /2007 17:45

Le dernier tableau(1)

 

 

Il faisait très froid ce matin là, les 35 degrés sous la barre du zéro avaient rendu le paysage figé comme un rouleau de fil de fer barbelé. Volodia Sminervovna avait cette image dans la tête. Seule sur sa mobylette, traversant les steppes parisiennes éparses de corps d’immeubles décharnés se détachant entre l’horizon fermé par la lumière grise et les rocs de la solitude…elle chantonnait intérieurement, le papier journal calfeutrant ses pieds, entourant ses chevilles et les trente derniers PAÏ VENDI (traduction créole) gonflant son torse sous son blouson en peau de chat. Car elles étaient bien maigres…les annonces en cette année 2134. Seules celles de quelques collectionneurs d’ordinateurs habitant encore ces pages gratuites de liberté, quelques anthromordateurs ayant encore à cœur de faire fructifier les restes d’un passé flamboyant d’avancées, de ces machines qui savaient parler seules et détenaient en leur sein tout ce que l’humanité pouvaient compter d’idées et de pensées.

Volodia se souvenait enfant d’avoir visité un de ces musées où régnait l’enchantement ordinatesque…Mais voilà ! le progrès est le progrès, l’évolution à accepter et le passé à confiner le présent dans la réalité.

Après une dizaine de kilomètres, un air fan de polnarisation dans la tête, elle dut s’arrêter sur le bas côté de la voie qui n’existait que par le tracé de deux lignes parallèles, une pour l’aller et une pour le retour croisé, afin de détacher du porte bagage une énorme citerne d’athanol et d’entreprendre à l’aide de son casque entonnoir, la réalimentation de la machine.

Tout en accomplissant ces gestes tant de fois répétés, elle se souvint de ces fioles contenant  essence, fuel, kérosène… que son professeur des sciences épuisées, un jour lui avait fait respirer. A cette idée, elle en eut la nausée alors très vite de sa narine adroite, resserrant le bouchon du réservoir, elle aspira les effluves échappés jusqu’à la dernière trace…car l’athanol avait mille et une vertus…entre autres.

Elle enfourcha tout en sourire l’engin après avoir revisser son casque sur ses deux lobes occipitaux. Mme Fontanelle devait déjà l’attendre. Mme Fontanelle et ses drapés de soie sauvage, les ongles en couteau prête à découper le moindre lé de fantaisie qui dépassait.

 

 

Volodia était maintenant face à l’entrée du tunnel, elle enfila la roue avant de sa mobylette au crochet qui lui était réservé et tira sur la chaîne poulie afin de suspendre sa machine parmi les dizaines d’autres véhicules appartenant à celles et ceux qui travaillaient au quotidien de l’atelier.

Passée l’entrée aux grilles vétustes, rouillée de l’amertume des entretiens du gardien, elle gagna prestement le vestiaire pour se défaire de l’hiver. Car ici il faisait chaud et c’était là le premier salaire en contrepartie d’une paye de misère. Ses compagnes étaient déjà à leur poste, elle était en retard mais elle ne craignait pas le maître, seul le courroux de la Fontanelle lorsqu’en la mettant en place, elle lui pincerait violemment les seins de ses griffes acérées.

Elle quitta la pièce, nue et glabre de la tête au pied, en songeant que ce serait sans doute l’une des toutes dernières fois car l’âge était là au détour de quelques plis pris en rondeur de la vie.

Elle pénétra sous le dôme noyé du soleil de la centaine de corps nus censés représenter la fin du monde. C’était son tableau préféré, sans encore l’avoir vu, préféré depuis des mois, enlacée durant des heures à une jeune fille brune. Le maître avait voulu pour sa dernière œuvre que tout fut vrai. Et ce l’était.

Volodia aimait cette pose, de temps à autre elle se laissait aller vers l’avant et le jeune corps frêle et souple la retenait dans ces instants de relâchement.

Durant ces séances, le silence des âmes régnait, seul la voix du Peintre avait le pouvoir de le briser.

Sur la toile de quatre mètres sur trois, les taches de couleurs prenaient vie, les peaux se teintaient de formes, de lignes entremêlées et c’était comme si Volodia ressentait les caresses du pinceau qui déliait ses courbes enchâssées dans les bras de l’amour.

Le maître avait voulu que tout fut vrai. Et ce l’était.

 

 

Une cloche se mit à sonner, tintement de la pause annoncée. Volodia et Alfina se désenlacèrent et comme à chaque fois, elles eurent cette impression de s’arracher la peau, de décoller l’enveloppe qui les protégeait, leur tenant chaud l’une de l’autre. Volodia frissonna, elle se sentait nue, les yeux hagards elle cherchait un point pour s’accrocher et ne pas vaciller. Tous les corps autour d’elles se relâchaient, se mettaient en mouvement très lentement, se rapprochant du centre de l’univers, la fontaine artificielle où boire l’eau de l’esprit sempiternel.

Jamais elle n’avait encore eu cette impression, que réellement le maître avait raison, qu’une fois achevé son tableau, ce serait la fin du monde. Alfina lui prit la main et à leur tour, elles se dirigèrent vers la source de la lumière où elles se désaltérèrent, baignant jusqu’aux chimères, quelques instants, quelques secondes durant lesquelles s’effaça la masse grouillante du monde.

 

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Dimanche 11 novembre 2007 7 11 /11 /2007 11:13

 

Le dernier tableau(2)

 

Les poses et les pauses se succédèrent sans relâche jusqu’à la nuit tombée…

 

De nouveau Volodia se calfeutrait de la liasse de journaux, s’emmitouflait les chevilles et les pieds de papier parce que la mort est si facile à attraper lorsqu’elle vient du bas. 

Les égéries se passaient des rires en sourires et Volodia sentait bien sur elle l’insistance du regard d’Alfina comme une question, toujours la même :

- « Vas-tu encore longtemps te contenter de cette double traversée pour quelques heures enlacées ? N’espères-tu pas autre chose que de n’être qu’une simple silhouette ? certes belle, gracieuse, parfaitement enserrée dans le geste de la création sans cesse renouvelée.

Mais il y aura une fin. Attends-tu la tienne ou celle du peintre ? »

Et puis cette autre question :

- « Est-ce que tu m’aimes vraiment pour pouvoir supporter de m’abandonner dans cette vie qui n’est pas la tienne ? que tu ne connais pas.»

Volodia fut assaillie ce soir-là de tous les doutes. Ils s’étaient tous donnés rendez-vous au même endroit, en même temps. Sa nuque s’affaissait progressivement, elle se prit alors la tête entre les mains, le front sur les genoux serrés.

Elle n’avait plus envie.

Elle resta longtemps ainsi et lorsqu’elle se redressa, Alfina n’était plus là, la porte de son casier était restée ouverte, deux jeunes filles traînaient encore en bavardage futile peuplant l’espace dépouillé d’un reste de nostalgie…celui de n’avoir rien d’important à dire.

Elle n’avait plus envie, en passant la main sur son crâne lisse, mais elle ne savait pas de quoi, les mots restaient figés comme le paysage qu’elle allait retrouver.

La gorge nouée, elle se leva, la salle était vide à présent, ses yeux glissèrent sur le casier resté ouvert, elle ne reviendrait plus.

Son cœur se mit à battre violemment car demain, à leur place sur le tableau, il n’y aurait plus qu’un coup de pinceau blanc, une trouée de lumière…une absence effacée.

Elle plongea la tête dans le casier, il y avait son parfum, l’odeur de sa peau et la petite photo d’un poisson rouge hors de l’eau.

 

  

 

Volodia sortit d’une poche son carnet à spirale, et entre deux poèmes griffonnés à la hâte d’une crise d’ennui lointaine de rimes sans importance, elle glissa la photo noyée de larmes.

Elle pleurait pour la première fois depuis des années. Quelque chose s’était brisée en elle, une minuscule pièce dans la vaste machinerie des rouages si bien huilés du temps, les portes du barrage étaient maintenant grandes ouvertes…

Elle se sentait bouillonnante, elle se sentait bouillir. Le papier lui collait à la peau alors elle arracha tout ce qui la couvrait dans un grand appel d’air car elle commençait à étouffer. Elle traversa en courant le couloir qui menait jusqu’au dôme, serrant très fort contre sa poitrine le vieux carnet jauni de souvenirs. Il faisait terriblement sombre. Elle se précipita vers le tableau, souleva un coin du drap qui le couvrait et le tira violemment. Il illuminait éclairant le vide et le silence de l’immense scène. Il était vivant. Les corps quittèrent alors la toile un par un se donnant la main, puis une fois tous sortis ils se dirigèrent vers leurs places pour l'ultime pose finale. Seules ne restaient plus sur le tableau qu’Alfina et Volodia.

Volodia s’empara de la palette et des pinceaux et se mit à peindre ce qu’elle avait au fond du cœur. Les figurants ne bronchaient pas, d’ailleurs elle ne les voyait plus, elle brouillait la toile de vagues bleues, de coraux et coquillages jusqu’à ce qu’enfin "apparût" le paysage merveilleux du royaume sous la mer.

Alors épuisée, elle s’allongea sur le sol.

 

  

 

Ce n’est que le lendemain matin que le maître la découvrit inanimée au pied du chevalet. Il l’enroula dans le drap blanc, lui déposa un baiser sur le front et à l’oreille lui murmura qu’il n’avait jamais rien vu d’aussi beau.

 

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Vendredi 18 janvier 2008 5 18 /01 /2008 17:47

 

L’igloo(1)

 

Volodia ouvrit les yeux, tout était blanc autour d’elle, perdue dans un immense lit, elle étendit les bras de chaque côté et en croix, elle se mit à parler à l’ange qui ne l’avait jamais quittée. Alors pour la première fois, il lui apparut, il avait les traits d’Alfina, les yeux noisette en amande, la gourmandise de ses lèvres rouges entrouvertes sur son sourire croquant de vie, les joues vives et rebondies d’une fleur de printemps qui s’exhale sous la douceur du vent, son corps tendre de souplesse, ses petits seins pommes d’amour qui s’agitaient en suivant les battements de ses ailes…

Volodia tendit la main vers elle mais la vision s’échappa en longues traînées bleues par la fenêtre. Elle se leva, son corps nu frissonna, les steppes s’étendaient à l’infini, une ourse blanche promenait ses petits et entre deux grues d’un autre âge, une fumée orangée s’échappait par la cheminée d’un igloo. Un sourire se posa sur ses lèvres.

Elle glissa une main sur son ventre, elle avait faim, son regard s’attarda sur son pubis car trois petits poils avaient poussé, elle en déduisit qu’elle avait dormi durant trois journées. 

Elle s’enroula dans le drap blanc, ne sachant toujours pas où elle était, arrivée devant la porte sertie de coquillages, elle perçut les échos d’un dialogue dans lequel elle reconnut la voix du maître et celle de Mme Fontanelle, elle actionna la poignée mais en vain, elle était enfermée.

Comprenant le danger qui la menaçait, elle entreprit (bénissant son père de le lui avoir appris en ancien évadé des corps célestes de l’esprit…) de nouer en corde tous les draps qu’elle put trouver puis elle ouvrit la fenêtre et descendit en rappel sur le mur de glace. Une fois les pieds touchés du sol gelé, elle se mit à courir jusqu’à l’igloo…

Il était temps, elle était prête à se briser en mille morceaux, un feu de déesse brûlait dans l’âtre, elle s’emmitoufla dans des peaux de bête posées à même le sol, elle grelottait claquant des dents accompagnant les grincements des deux grues qui jouaient la mélodie de « la banquise promise », elle avait reconnu l’air dès les deux premières notes…puis elle commença à se réchauffer, fredonnant la chanson qui avait bercé toute son enfance. 

Ses yeux firent le tour circulaire de l’abri, coupé au centre par les flammes sur lesquelles reposait un énorme chaudron. Elle enroula ses mains de bouts de peaux et souleva le couvercle. L’odeur l’envahit instantanément, une soupe de homard…A même la louche, se brûlant les lèvres, elle ingurgita la moitié du délicieux breuvage comme une sauvage (d’ailleurs à la  voir, vous n’en n’auriez pas dit autant…)

Puis enfin repue elle se laissa abandonner l’œil sur les parois de l’igloo, des textes étaient gravés qu’elle se mit à lire et sous les mots enlacés de deux mains amies se tissa au fil des lignes la plus belle histoire d’amour qui fut.

 

Extraits Choisis :

 

La douceur de tes mots soulève mon cœur, je t’emporte de mes mains aux mille caresses dans le paysage de mon corps, découvre-moi, respire le souffle de notre amour, parle-moi encore […] Mes  lèvres se posent partout où tu t’offres à moi, elles glissent et s’ouvrent gonflées de tes courbes baignées par la rosée […] elles se posent là où j’aime te parler, au creux de tes pensées les plus profondes, là où gronde la source de ton plaisir, tes doux gémissements m’envolent le long de mes paroles pour toi rien que pour toi dans le secret de sous les peaux […]

 

Volodia n’en pouvait plus, ses doigts couraient partout sur les écritures, elle brûlait à présent d’une fièvre exaltée, tombant les peaux elle se plaqua contre la paroi glacée de l’igloo et entreprit dix mille tours jusqu’à s’écrouler épuisée…

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Mercredi 17 septembre 2008 3 17 /09 /2008 17:27

 

L’igloo(2)

 

« Lalalalala la….qu’il est doux de rentrer dans son igloo… »

 

Une main fine et blanche, aux doigts ornés d’ivoire et d’argent, écarta la peau d’entrée, la déesse des lieux pénétrait en sa demeure pleine de joie et d’allégresse après un périple de quelques heures à chasser la beauté des images glacées.

Sa frayeur fut si grande en découvrant le corps inanimé de  Volodia qu’elle s’empressa s’agenouillant, de chercher de ses lèvres le souffle de la vie…Volodia était vivante.

Alors de la main elle se mit à caresser le visage tant aimé avec une infinie douceur, longtemps, si longtemps que Volodia n’osa ouvrir les yeux de peur que ne s’arrêtât ce tendre mouvement apaisant, ce balayement intemporel comme les cils du temps d’une paupière battant au rythme lent d’une lumière chaude et profonde. C’était si bon comme bercée dans un cœur suspendue entre deux nuages de vapeur.

Puis après ce qui aurait pu s’appeler l’éternité, Volodia se redressa lentement et de ses bras délivrés du sol gelé, enlaça la frêle taille d’Alfina… Alors qu’elles se perdaient dans cet instant magique, une main de nouveau écarta la peau qui masquait l’entrée de l’igloo. Elles eurent un tel élan de recul, si effroyable, si fort que d’un seul bloc elles traversèrent la paroi de l’igloo et se retrouvèrent le dos enfoncé dans la neige.

Elles n’eurent pas le temps de se dégager, les mains du maître les agrippèrent chacune par les cheveux  et ce fut ainsi qu’il entreprit de les traîner jusqu’à son palais blanc.

Mais c’était sans compter sur l’astucieuse Volodia qui au détour d’un sous-bois perdu dans la toundra  gelée, arracha une stalactite aussi coupante que le diamant et d’un seul et grand geste circulaire coupa ce qui les reliait à leur futur geôlier…

Ni une…ni deux…elles prirent leurs jambes à leur cou.

Et la tristesse ne fut pas d’avoir du entailler leurs boucles pour recouvrer leur liberté.

Non. Ce fut qu’elles prirent chacune une direction différente dans leur fuite…

 

(to be continued)

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Vendredi 28 novembre 2008 5 28 /11 /2008 18:20

 

La mer d’Asl&(1)

 

Volodia rêvait au vent, Alfina sa douce amante s’était envolée quelque part entre le ciel et les traces du dernier hiver de glace.

Quelle route un peu folle l’avait emmenée au soir de cette aventure ? Alfina n’était qu’un rêve, un rêve à retrouver, mais ailleurs, loin des toundras, loin de cette année 2134…ailleurs…dans le hasard du présent, dans les nuages qui prennent tant de formes différentes qu’il y en aurait bien un, miroir de son cœur, de rouge et bleu enlacé, avec un visage à caresser, des sourires, des promesses, de la douceur et du bonheur. De ce bonheur qu’elle avait déjà bouton de fleur à lire tous les signes à la cime des arbres. Ces arbres du haut desquels on apercevait la mer. Elle qui fait le tour de la terre et qui change de nom selon l’humeur du temps. Mais toujours à aimer se disait-elle. Oui toujours. Alors elle souriait.

Elle avait confiance.

Un petit oiseau qui passait par là, au regard de l’innocence lui murmura : « tu es belle » et disparut chantant la réponse de Volodia : « …c’est que je l’aime. » Et comme le plus beau des poèmes, les lettres en sons se détachèrent pour ne plus dire que la musique qui fait danser l’esprit et rougir l’âme de plaisir.

 

 

Au sommet du plus bel arbre de la forêt de châtaigniers, Volodia était grimpée pour embrasser de son regard le paysage dans lequel vivait son rêve, l’eau y était calme et turquoise, dans l’onde fine qui parcourait les lignes de l’horizon, elle plongea les yeux en frissonnant d’émotion : la mer d’Asl& n’était pas une chimère, elle existait réelle. Et déjà elle respirait le parfum des rochers roses caressés du soleil. Prise dans le balancement amoureux d’un vent léger porté par les vagues de désir qui l’enlaçaient…elle se mit à soupirer…

 

(…à suivre)

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Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /2009 19:38

 

Le sourire

 

Elle souriait déjà, elle hésitait entre rallumer le chauffage pour ôter ses moufles et laisser courir les mots sur le clavier ; ou simplement faire défiler le curseur de son gros pouce pour ouvrir le ventre de l’ordinateur et mettre à jour, rien que pour elle les entrailles de l’enfer passé. (bien sûr elle exagérait…mais elle avait froid!).

Volodia Sminervovna avait changé.

D’avoir soupiré trop fort, du châtaignier alors elle était tombée. Elle s’était dit : ce n’est rien, les rêves et l’amour seront toujours là à portée de coeur, les ailes du voyage effaceront tous les ravages que j’ai au corps, dedans et puis dehors.

Et les années passèrent. Volodia avait le bonheur de se sentir aimée mais elle pleurait, elle pleurait, et plus elle pleurait, elle pleurait. Cela aurait pu durer toute la vie parce que pour sécher ses larmes, elle n’avait rien trouvé de mieux qu’écrire encore davantage.

Puis un jour, en plein été, la force guidée par la colère d’une voix s’abattit sur elle comme la foudre. Les chaînes se déboulonnèrent et le gros boulet commença à glisser loin d’elle. Ce qui la sauva, ce fut de ne pas se retourner mais d’emplir son être d’un peu plus de liberté chaque jour parce qu’Elle était là pour lui tenir la main.

Volodia souriait, finalement elle ouvrit la fenêtre pour respirer l’automne, il faisait bon, et pour écrire, et ne pas écrire, mais elle pensait « écrire » et pas au verbe fuir…

 

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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 18:08

 

Le sourire(2)

 

 

Elle glissait amoureuse, un filet d’air lui passait entre les lèvres, et qui   lui murmurait un souvenir tendre, un murmure qu’elle ne pouvait pas entendre. Son corps, cette étendue d’oser, d’oser s’étendre, se détendre, se suspendre aux fleurs de l’onagre, se couvrait de baisers mandarine éclos de la nuit, la symphonie silencieuse de deux étoiles enchantées. Une douce fraîcheur sucrée par le soleil de l’automne, lui parcourait la peau, et sous ses paupières déliées, entre les draps blancs et orange, elle voyait son sourire et encore toujours son sourire lui parler d’amour…

Par LTDS - Publié dans : Volodia Sminervovna
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