Elle était une fille sans histoire, que ce soit histoire au singulier, au pluriel, avec une majuscule ou pas. Elle vivait du verbe vivre qui désignait le monde des vivants. Elle n’avait jamais survécu puisqu’elle était sans histoire, que ce soit histoire au singulier, au pluriel, avec une majuscule ou pas (ne vous inquiétez pas, je suis une répéteuse professionnelle qui aime les refrains). Elle avait été née d’un homme et d’une femme, mais pourquoi pas ? Dans les contes, il y a des choses pires encore, des « il y avait une fois » des ogres qui mangeaient des petits enfants…Enfin au moins, elle était sortie de quelque chose d’assez probablement normale.
Un jour, il ne se passa rien, comme elle était sans histoire, que ce soit histoire au singulier, au pluriel, avec une majuscule ou pas, elle disparut tout simplement.
On ne peut pas dire que personne n’entendit plus parler d’elle, on ne peut davantage dire que l’on continuât à parler d’elle, on ne peut rien dire en fait, même pas qu’il n’y avait pas d’absence.
Mais voilà !
Ah ! Ah ! Ah !
Alors qu’elle était morte et déjà remplacée par une autre fille sans histoire (que ce soit histoire au singulier, au pluriel, avec une majuscule ou pas), l’Histoire en majuscule aux lèvres rouges plurielles sur sa bouche de fille sans histoire (que ce soit histoire au singulier, au pluriel, avec une majuscule ou pas), vint déposer sur sa bouche un baiser. Et c’est ainsi que l’Histoire fit naître une boucle…&&&&&
ma douce boucle
je t'aime &
ma chérie de moi
avec une boucle on ne peut jamais se perdre
même on se retrouve…
je t’aime