J’ai hâte de m’habiller en jonquille de printemps. Rejoindre le royaume oublié des virgules et des points, quand les mots s’écrivent d’eux-mêmes, juste avant le grand jardin du sommeil. Deux ou trois notes de lavandin en rêvant au sel doux de l’Himalaya, deux ou trois gouttes d’un champ de fleurs croustillant de soleil et qui s’évapore pour m’envelopper dans le nuage d’une cotonnade.
J’ai hâte de m’habiller en jonquille de printemps. Les manches si longues qu’elle sait me prendre tous les bras, une caresse toute douce nouée de fils de Chine qui me traverse d’un sourire. Les jambes longues aussi, longues comme le Yang Tsé Qiang qui enveloppent mes pieds jusqu’aux talons sur lesquels je glisse…Je rêve déjà d’une fin d’hiver de neige fondant sous le rêve d’une île brûlante.
Le jour s’évanouit de n’être rien, sans m’avoir touchée une seconde. Dans quelques heures je serai le sourire de la Joconde, une jonque plus haut au pays des maharadjas…je serai dans mon pyjama…
belle nuit
mes milles bras
là dans les fleurs
une jonquille aimait une rose...
une belle rose rouge au coeur serré de milliers de pétales
qui chaque nuit s'ouvrait pour l'emmener milliers de bras
milliers d'étoiles milliers de ciels milliers de lunes milliers de mers...sur un voilier aux milliers de parfums porteurs de milliers de jours à naître de milliers...de milliers...de milliers...
Belles pensées pour toi, Aslée. Je t'embrasse
SiL,
Merci pour le souffle de tes pensées
je t’embrasse jonquillement…