Elle dépose sa prison de fer au pied de l’arbre et dans les reflets de l’eau calme de l’étang, baigne les blessures infligées par l’armure.
Elle s’abandonne à l’onde comme à des bras, comme elle s’abandonnait aussi parfois en écrivant.
Certains jours, l’armure s’effaçait d’elle-même, son corps battait la mesure avec le temps, il se dépensait de choses belles, son âme pouvait alors respirer, la laissant s’abandonner aux rêves.
La Lune innocente jette des regards d’étincelle au pied de l’arbre, faisant naître des étoiles sur la carapace inerte, le cygne noir lui se perd sur le miroir, il nage libre, confondu à la nuit.
Certains jours, l’armure s’effaçait sous les caresses de l’amour, alors son corps battait à la mesure de l’autre et son âme disparaissait dans la chaleur de son cœur.
Elle flotte à présent, au milieu de l’étang, l’air est si doux du songe de l’été, qu’un souffle à l’oreille vient lui murmurer qu’au pied de l’arbre, elle trouvera la robe bleue tissée par les elfes d’une fée.
Certains jours, l’armure s’effaçait pour une robe de bure, alors ces jours-là, elle pleurait de n’être personne, qu’une couleur fondue au vide d’une compagnie de soldats tristes.
La peur soudain la gagne de ne plus retrouver l’armure au pied de l’arbre. Elle commence à s’agiter si fortement que l’étang connaît ses premières vagues. La marée devient si violente qu’elle emporte la cage désarticulée.
A l’aube, sous les premiers rayons du soleil, elle regagne la berge, mais rien ne l’attend, ni armure, ni robe bleue. Elle se retourne, l’étang n’est plus qu’une flaque au milieu d’un champ de boue.
Alors de la boue, elle s’enferme à nouveau… ne sachant pas encore, qu’enfin elle se délivre, offrant sa confiance, simplement au soleil et à la pluie.
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