Verrouille-moi, enchâsse-moi au désir de t’appartenir, perds-moi de mon être aux murs rugueux de la pierre froide. Noir velours, quand les griffes de tes serres perdront la garde de notre amour, les attaches libres j’écrirai de mes phalanges le souffle fort qui nous anime.
Invente-moi la nouvelle parure, brûle l’échafaud qui décapite le jour gris de la tanière d’un pauvre lit. Dessine-moi en morsures sur la peau la luxure rougeoyante de l’impoli de tes lèvres et recouvre-moi des sourires profonds de ta main, là où je rebondis si tendrement aliénée par la chaleur de ton supplice.
Livre-moi de ton regard, fais-moi t’offrir à toi, nue et blafarde, spectre allumé des traces rouges de ton passage, griffe-moi dans le noir de nos yeux et lie-nous de nos langues précieuses au diamant, au silence de la chandelle du jour naissant.
Reine.
Dis-moi encore le baiser des anges, prends-moi les poignets liés par ta seule main, laisse-moi m’abandonner à cette force qui passe de toi à moi, ma liante, mon amour, la clé de mes nuits épuisées, ma belle au ciel et qui s’endort sous mes yeux épanouie.
Aime.
MOTS