Lundi 20 avril 2009 1 20 /04 /2009 18:09

Je me souviens d’une photo, je me souviens comme je tenais à cette photo, je me souviens de la lui avoir envoyée par la poste, je me souviens de l’avoir fait comme un adieu. Je me souviens, elle avait un copain, je me souviens combien je m’étais attachée à elle et je me souviens combien je savais que ce ne serait que de l’amitié.

Je me souviens du complexe qu’elle avait de son corps, moi je la trouvais si bien comme elle était, je me souviens de son grand cœur et de sa générosité, je me souviens de ne lui avoir jamais parlé de choses sérieuses. Je me souviens qu’en sport, elle remontait les fermetures éclairs de mes mollets et qu’elle passait ses mains. Ca ne me faisait rien, j’étais si gênée, terriblement gênée.

Je me souviens qu’à son bureau, elle écrivait des lettres d’amour, je l’admirais dans ces heures du midi, si douce et si posée d’être ailleurs.

Un jour je me souviens, c’était à la fin de la dernière année, elle voulait que l’on passe toute une journée ensemble, je me souviens qu’à un moment sur une pelouse en pente quelque part dans cette ville, alors que nous courions, elle m’a enlacée et j’ai senti son corps. Je m’en souviens encore, j’ai toujours ce souvenir de quelques secondes. Les jours qui ont suivi pour moi furent dans l’obsession de la photographier.

Je me souviens dans le labo de l’école de l’avoir désirée, l’unique fois de toute ma vie où j’ai développé des photos, elles étaient toutes ratées sauf une. Je l’avais mise dans un cadre je me souviens.

Je me souviens être allée chez ses parents, ils vivaient vraiment à l’autre bout de la terre, je veux dire que c’était long pour y arriver et si loin. Ce jour-là, il neigeait je me souviens.

Elle avait des yeux bleus si clairs, des cils pétillants et de la chaleur, de celle qui fait que je ne me pose jamais de question.

Elle m’a écrit ensuite, après la séparation de nos affectations, de petits mots auxquels je n’ai jamais répondu.

Je me souviens du travail de son père, elle voulait me montrer et lui, et ce qu’il faisait. Je me souviens de l’odeur du bois. Il faisait froid dehors, c’était l’hiver et dans son atelier il faisait si chaud.

Je me souviens que je l’aimais mais que jamais je n’aurais pu me le dire, et encore moins à elle avec des mots.

Je me souviens que c’est mieux de n’avoir plus rien à regretter.

Par LTDS - Publié dans : brouillon du temps
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Commentaires

"plus rien à regretter" les souvenirs d'un Amour, se souvenir, revenir et aimer toujours
Commentaire n°1 posté par Plume+Dame le 20/04/2009 à 23h09
entrer dans la douceur de la nostalgie et se souvenir des bons moments...
Commentaire n°2 posté par chris le 21/04/2009 à 07h54
Merci à tous les deux de vos mots...
Commentaire n°3 posté par Asl& le 21/04/2009 à 11h20
il ya de la douceur
de la tendresse aux yeux
 dans nos souvenirs
d'amour
je t'embrasse ma douce belle
Commentaire n°4 posté par jeanne le 21/04/2009 à 13h05

J'aimerais bien la revoir un jour, je sais qu'elle a un enfant, ça me fait plaisir de savoir...enfin...Elle fait partie de mes beaux souvenirs...
Je t'embrasse tango tango...tu danses ?
Sourire

Commentaire n°5 posté par Asl& le 21/04/2009 à 18h07
C'est un très beau texte mélancolique. J'aime beaucoup le rythme créé par la répétition de "je me souviens".
Commentaire n°6 posté par enriqueta le 02/05/2009 à 14h18
Prenant, une fois de plus !
Commentaire n°7 posté par ehiie le 10/05/2009 à 22h33

Ehiie,

 

Ma dernière école avant l’Ecole…

Commentaire n°8 posté par Asl& le 12/05/2009 à 19h37
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