Je glisse sur les pentes enneigées de mes rêves, tout est silence, je glisse et tout glisse, mes doigts se détendent, mes épaules se relâchent, ma nuque s’abandonne, je glisse allongée sur le dos, l’air est doux, il n’y a pas de vent, je respire doucement…il est trois heures, je reprends le calme de la nuit après le cauchemar de l’araignée, je glisse, tout est blanc, tout est doux, je n’ai plus d’araignée dans le bras, elle me l’a enlevée, je n’ai plus mal, le poids est parti, je glisse, je suis légère…ça n’existe pas les araignées qui naissent dans les bras, non…pas des si grandes, des petites oui…lorsqu’elles sont pondues sous la peau…mais la mienne est orange, ça n’existe pas des araignées oranges…elle l’a extraite de mon bras, je ne sais pas comment, et déplié chacune de ses pattes, elle avait une énorme carapace orange… je t’en prie regarde encore une fois si elle n’a pas pondu d’oeufs…je glisse et je glisse, l’infirmière m’a dit : c’est depuis que vous avez commencé à faire le ménage, que vous êtes piquée…je glisse et je glisse dans la neige, mon corps se lisse et se lisse encore…il faudra que je vérifie mes pantoufles en me réveillant…quand j’étais petite j’aimais les hôpitaux parce que j’étais certaine qu’il n’y avait pas d’araignées…je glisse et je glisse…j’en ai marre de la neige, j’imagine un iceberg à la pente infinie et qui se perdrait dans une mer de neige engloutie…et je glisse glisse des heures durant pour enfin m’endormir dans le jour naissant…
Tout à l’heure pour me réveiller complètement j’ai tapé « araignée orange » certaine de ne rien trouver…Et bien non seulement elle existe mais elle est exactement comme dans mon rêve…certes en beaucoup beaucoup plus petite… ce qui n’est pas le moins pire…non vraiment !!!
J’AI PEUR !
MOTS