Le silence peu à peu s’était reformé, elle s’habituait à retrouver toutes ces zones d’ombres, elle redevenait cet oeil qui passait sans s’attacher jusqu’à la souffrance, il lui avait fallu longtemps…mais de toute façon elle avait toujours eu besoin de plus de temps…de prendre son temps, de reprendre SON temps ? Comme on reprend son souffle…Elle souriait, il n’y avait plus aucune importance, d’être entendue ou pas, ou de s’écrire à la troisième personne de l’imparfait, ou de vivre le je du présent essoufflé.
Elle savait deux choses importantes maintenant, importantes à sa vie, elle ne dirait pas essentielles…Que sa mémoire bourrée de souvenirs ne s’effacerait jamais du jour au lendemain et que la deuxième était qu’elle aurait toujours à écrire.
Elle écoutait de nouveau de la musique.
Elle n’avait plus envie d’écrire de poésie…elle en avait tant emplie de cahiers bleus qu’il lui semblait se répéter à l’infini…
Enfin !
Cet après-midi elle avait souri se feuilletant parmi ses mots, se disant…Oui ! Celui-là « poème des mots difficiles »…mais peut-être que je l’ai déjà mis en lignes, c’est dommage parce que…là…ici… j’aurais changé…
…
Elle chantait de nouveau sous la douche.
Son corps était sorti du long corridor et ses pieds avaient foulé sans se tordre le plancher glacé.
Le silence était partout et elle pouvait enfin le crever.
Oui ! Elle avait envie de remplacer tous les s par des x…
Puis elle avait eu sur les lèvres la mélodie d’ O Kyklos Tou Nerou et depuis la Grèce pour entendre la voix divine…elle s’envola par toutes les îles de la terre jusqu’à une tribu cannibale où l’on se mange d’amour…Et pourquoi pas ?
Elle souriait (ne croyez pas mais elle passe son temps à sourire cette fille)…
MOTS