Terre de Sienne…
les tubes de gouache tous craquants au nom de couleur d’ailleurs, c’est déjà du rêve en soi. Une belle couleur de terre, une vraie terre, un vrai marron humide sans être glaise, qui boit la
pluie, comme le lit d’une rivière, un sable à la fois profond et léger, elle porte aussi si bien ce nom de terre d’ombre brûlée, un brun
lumineux.
Terre de Sienne pour moi c’est l’Italie du rêve, la terre d’Hélène, jeune fille aux longs cheveux noirs au sourire éclatant se baignant à la fontaine d’une eau fraîche, son pays, mais à la fois toutes ces choses cueillies au hasard de leçons d’histoire, avec beaucoup aussi des paysages poétiques de ma mère je crois...enfin j’en suis sûre.
C’est un parfum pour moi, Terre de Sienne, dans toute ma collection d’odeurs, il y a ces trois notes de tête, de coeur et de raison indissociables de la lavande, de mon premier souvenir de montagne, et de ma mère peignant sur le grand mur de ma chambre, le seul sans rien pour accrocher toutes les Alpes et le bonheur.
Le bonheur. C’est ce soleil caché dont palpite la terre, profond et lumineux, quand gorgé de frissons de la vie il laisse s’évaporer une brume sans nom, sans souvenir…C’est curieux comme de m’allonger en plein soleil face à un mur blanc et puis en relevant la tête de lire sur l’ombre de mes cheveux, les fuites de ma propre chaleur, ça m’émerveille et ça me rassure.
Je ne sais pas où se trouve la Toscane.
MOTS