J'étais là, derrière le trouble de l'aquarium, le silence de l'onde palpitait insaisissable comme l'ombre de mes pensées profondes qui traversait la salle de ton repos.
Je n'avais plus ni sexe ni âme, je ne savais plus de qui j’étais l’homme ou la femme, seule ta paume offerte à mon corps près du tien dans ta chaleur, apaisait mon désir d’éveiller d’un souffle le dorlisse tapi au fond de moi.
Si belle les yeux mi-clos.
Je déposais les armes de mon corps à tes côtés, sur le lit de l’onirisme aux coussins de volutes volupté, la tête tournée vers les étoiles tombant
ardoise du ciel d’un écran vivant, et la joue reposée sur ma main, je contemplais des yeux le temps qui s’allongeait en longues phrases bleues.
Je percevais en toi les douces glissades de la pluie et sous mes doigts prise entre deux vertiges, j’avais l’impression de n’être que la musique qui jouait pour toi.
Douceur de l’instant au creux de ta main, le fluide de ton émotion me parcourait, comme une communion tu m’habitais, tantôt torrent brillant dans l’or d’un soleil levant tantôt étang calme au couchant d’un cygne blanc.
Je ne pouvais rompre le charme par la trace d’un futur baiser. Je déposai sur l’écrin de
ta main, la feuille de l’arbre où je désirais t’entendre me retrouver.
MOTS