Elle marchait pieds nus, ses sabots définitivement laissés à la frontière de ses deux pays imaginaires, l’Aslétie à l’ouest et la Lapécacolodie à l’est, d’ailleurs ces points cardinaux pour elle n’avaient été que des leurres, des pièges à malheur. La seule direction à prendre dorénavant était celle qui partait des profondeurs de son cœur, en spirale ressort pour atteindre le bonheur et même si cela risquait d’être long et que le fil pouvait comme un diable retourner dans sa boîte. La boîte avait enfin un couvercle …qui s’ouvrait nord sud et se refermait sud sud.
Ce jour-là, dans cette clairière, il y avait un arbre qui s’appelait l’arbre aux baisers, tous ceux qui étaient passés par cet endroit avaient posé leurs lèvres sur l’écorce lisse, certains plusieurs fois car la vie c’est aussi un labyrinthe dans lequel parfois on est obligé de revenir sur ses pas.
Asl& connaissait le secret, bien qu’ayant été déchue de la divinité, elle en avait gardé la mémoire définitive, c’est tout ce qu’il lui restait et c’était déjà beaucoup. Alors ses doigts commencèrent à caresser chaque trace de baiser, jusqu’à trouver sous la pulpe, cette chaleur, cet endroit de l’arbre d’où s’échappe le souffle. Son front perlait d’une goutte de rosée, oserait-elle ou n’oserait-elle jamais ? Et si elle avait mal compris…Et si elle avait tout inventé de ces myriades d’étrangetés qui peuplaient son esprit. Elle songea à sa mère la déesse Péris qui lui avait confié toutes ces choses qu’humainement il était impossible de connaître…sauf de la folie ou de l’amour fou qui faisait d’une termitière le mont Olympe.
Elle regardait encore et encore l’empreinte du baiser et de le fixer si intensément sous son œil battant, les lèvres se mirent à bouger en murmurant un tendre appel si doux, si lointain et si proche d’être à comprendre pour toujours.
Asl& leva les yeux au ciel pour confier à un nuage qui passait tout ce qu’elle ressentait dans son corps et dans son être en cet instant. Alors il se mit à pleuvoir le reste des brumes de l’Océan. Ce n’étaient plus des larmes, en tous cas plus les siennes qui baignaient son visage, elle passa la langue autour de sa bouche, et ce n’était plus non plus le goût de sa tristesse.
La pluie glissait le long de son corps comme le long du tronc de l’arbre.
Elle écarta les bras et sous chacune de ses mains se dessina une petite flaque, une à l’est, une à l’ouest mais elle ne se pencha sur aucune pour savoir dans laquelle elle serait la plus belle.
La pluie ne put éteindre le fil qui partait de son cœur jusqu’à la charge de désir qui explosa lorsque le soleil fut revenu et qu’un arc-en-ciel sur l’arbre apparut.
Et sur ses lèvres elle posa les siennes.
le bien nommé
un vrai distributeur à baisers
ah mais pas à tous les vent non non
il faut avoir dans sa poche ....
Sourire...j'ai dans ma poche
...un gentil facteur !
et une gentille toi, mais pas dans ma poche, dis ! Dans mon coeur....
rapide en plus !!!j'en revient pas
oui tu es aussi dans mon coeur
Les trucs en chinois c'est : je t"aime
...
je souris bien sûr ma belle
Ariaga,
Je te lis aussi en silence.
Je pense au banc parfois et je me dis déjà tout ce temps passé alors que j’ai l’impression que c’était hier. Je me sens changée, plus paisible comme d’un long voyage pour revenir chez moi. Là où je suis, où j’existe….où j’aime.
Jeanne,
Pas besoin de pleuvoir pour un arc-en-ciel… Mais là tout de suite j’aimerais bien qu’il pleuve sans orage, juste une petite pluie pour gonfler le ruisseau qui mène jusqu’à la mer…et marcher dans l’eau en te tenant la main…
Je t’aime doucement.
Je t’aime.
une chanson douce..... lalala larèreeeee