Mardi 9 juin 2009

 

 

 

Ce jour-là, il y avait tant de soleil par la fenêtre ouverte qu’elle ôta une à une toutes ses peaux de l’hiver pour s’étendre printemps au sol de l’été dans une blancheur palpitante.

Sous ses paupières closes défilaient de petites histoires de vent et de nuages qui la faisaient sourire tendrement.

Un petit papillon, aux ailes parfumées des fleurs de l’ingénu, se mit à survoler d’étranges façons les paysages qu’elle dévoilait ainsi. Et de passage en pas-sage, sa peau prise d’euphorie se fit passion de ses frissons oranges.

Elle ondulait, roulait s’enroulant dans la chaleur du bleu, jusqu’à ce qu’il entrouvrit les portes du ciel pour s’y glisser.



*Photo Jeanne

Par LTDS - Publié dans : Oz Over
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Mardi 2 juin 2009

La passante sous son chaperon noir passe en frissonnant dans la rue Du Sans Hasard. Tout bas, les immeubles parlent de leur âge, d’un temps qui ne reviendra pas, elle les connaît tous de son cœur, ils sont les faubourgs de son amour, l’origine essentielle de la réponse qui se lit dans la question en points de suspension… les mots passant, repassant…mais jusqu’à quand ?

Elle passe.

Entre deux pavés, elle ramasse une pierre, une pierre de son trésor, dans le creux de la main, il l’embrassera encore.

C’est sa rue, elle en connaît tous les angles et pourtant elle les redécouvre toujours, c’est le vent sans doute qui pousse les poussières d’étoiles pour illuminer juste ce coin de mur qu’elle a envie de balayer de ses lèvres, il est si fou aussi d’habiller de ses désirs, la Lune aux parois de la déraison.

Moi, j’écris.

Je passe aussi par la rue Du Sans Hasard, je vois leurs regards qui se croisent sans pouvoir se parler, la croix devant la porte à la craie blanche, les jours où c’est dimanche, quand le chaperon perdu aux herbes sauvages d’un bout de jardin, elle se ligote à lui enfin. Il l’aime c’est certain avec son grand chapeau et sa fine moustache à la zorro, je n’ai pas trop de référence en moustaches, alors zorro parce que je trouve que c’est un type bien et qu’il sait parler avec les mains…Mais je digresse alors que sous mes doigts s’allument les rimes en -esse de ma mine de poétesse, du bout de mon crayon à dessiner j’esquisse les gestes, j’ombre le soleil et c’est comme si elle était un coquelicot pris entre les pétales d’une rose noire, quelque chose de délicat, fragile et beau : un parfum doux, le mélange sans résistance de deux fragrances liées par l’émotion.

La passante sous son chaperon noir passe en frissonnant dans la rue Du Sans Hasard. Tous bas, les immeubles se sourient, il flotte dans l’air des connivences plus qu’amies, les fenêtres s’appellent pour s’ouvrir en se lançant des grains de riz, alors elle relève la tête en rivière et leur fait signe de la main, car elle a du bonheur sur les lèvres qui frémira encore…et puis toujours parce qu’elle sourit.

Par LTDS - Publié dans : Histoires de la sorcière bleue
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Samedi 23 mai 2009

Une belle proposition d’Enriqueta :

Ecrire un texte (poésie ou prose) commençant ou finissant par

 "Je suis né(e) quelque part" (le sujet peut être changé).

Vous pouvez aussi créer un visuel pour illustrer cette affirmation.

 

Je suis née quelque part entre mon père et ma mère

Il me voulait au garage

Elle me voulait au ménage

Moi je ne voulais rien d’autre

Qu’avoir les mains sales

Je suis née quelque part entre mon père et ma mère

Il me voulait son assistante

Elle me voulait sa confidente

Moi je ne voulais rien d’autre

Qu’avoir un petit chat à qui parler

Je suis née quelque part entre mon père et ma mère

Il me voulait être sa précision

Elle me voulait être sa raison

Moi je ne voulais rien d’autre

Qu’avoir le temps d’aller courir

Je suis née quelque part entre mon père et ma mère

Il me voulait être sa fierté

Elle me voulait être sa fille aînée

Moi je ne voulais rien d’autre

Qu’avoir une grande sœur pour me remplacer

Je suis née quelque part entre mon père et ma mère

Il me voulait plus haut que lui

Elle me voulait loin du cambouis

Moi je ne voulais rien d’autre

Qu’avoir ma vie à moi
Je suis née quelque part entre mon père et ma mère









(Si la photo est ratée c'est qu'il y a eu une interférence)

Par LTDS - Publié dans : brouillon du temps
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Dimanche 17 mai 2009

Dévoilez-vous en 10 expressions courantes et terminez par un visuel.

 

Alors…si j’étais un objet, je serais la chaîne qui relie à la cloche et si je devais me muer en signe, je serais une virgule, la virgule qui empêche le télescopage des étoiles, une respiration intersidérale, peut-être même un vide tout simplement. Si j’étais un insecte, je serais une gentille guêpe, un peu de biais, un peu favouille…Enfin, si j’étais…si j’étais…si je n’étais rien qu’une partie de mon corps, je serais ma cheville gauche…

Et sur une île déserte je n’emporterai que moi. Avec la mer tout autour, j’aurai bien assez pour m’occuper, à regarder toutes les vagues me caresser les pieds…Oui ! Je n’emporterai même pas de maillot de bain, pour sentir partout sur ma peau, la tienne ma douce sirène, lorsque le coucher du soleil venu, j’irai au royaume des profondeurs te rejoindre, juste en suivant  la ligne rose des coraux.

Si j’étais une invention, je serais une grue pour construire des pyramides de sable au royaume des vents. Un geste assassin ? Celui d’  occire cette mouche qui se joue sur l’écran de mes mots…

Si j’étais un blog, je changerais tous les jours de feuille de style, je serais intelligente, dompteuse technologique de l’infini, j’écrirais fauve, j’écrirais bleu, j’écrirais jour et j’écrirais nuit au fil de toutes mes insomnies.

Et si j’étais un poème, je serais juste une phrase toujours la même, parce que j’aime te dire je t’aime.

Je t’aime.

Si j’étais un métier…puisqu’à mon portrait il ne serait pas juste d’oublier mon petit côté sérieux ; lunettes vissées sur les yeux, je serais monitrice d’auto-école, j’apprendrais aux voitures à rouler toute(s) seule(s).

 

*photo Jeanne

Par LTDS - Publié dans : Le Temps De Sourire
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Mercredi 13 mai 2009


Un nouveau jeu (07/05) d’Enriqueta.
 

Ecrire un texte (poésie ou prose)
qui commence par :
"J'ai demandé à la lune". 

Pas de date limite.

 

J’ai demandé à la Lune pourquoi je lui ressemblais ? Et elle m’a répondu :

-Pourquoi penses-tu me ressembler ?

-Tantôt je suis ronde, épanouie, un sourire attaché aux étoiles, et à d’autres moments, je disparais, m’effaçant entièrement, un simple petit nuage ainsi suffit à m’éclipser…

-Pas mal…répondit la Lune, ton souci c’est le Vent, mais tu ne pourras jamais commander le Vent, tu devrais plutôt songer à ta face cachée lorsque tu t’assombris subitement.

-Oui…mais qu’est-ce que ma face cachée ?

-C’est l’autre côté de toi, là où le soleil brille toujours…Enfin ! Asl& n’as-tu jamais entendu parler de l’amour ?

Et là bien sûr, je me suis mise à rougir, me demandant si la Lune me taquinait ou si elle n’avait vraiment pas tout compris de ma vie de ces quatre dernières années.

J’étais terriblement vexée, moi qui l’avait toujours choisie confidente de toutes mes nuits, les belles et les tristes.

Cette nuit-là, toute la maison résonna des volets qui claquèrent se refermant sur ma fenêtre.

La Lune étant la Lune à qui je ressemble, elle  ne fit pas le premier pas pour me retrouver, d’ailleurs comment aurait-elle pu ? La Lune ne jette pas de petits cailloux sur les volets clos pour qu’ils s’ouvrent de nouveau. La Lune pour lui parler, il faut l’appeler.

Je ne songeais alors plus à la Lune, je marchais seule au milieu des brumes nocturnes, les yeux en bras tendus ne touchant que ce qu’il y avait autour de moi. Doucement, Jeanne prit naissance dans mon cœur.  D’abord timidement, je pensais simplement au soleil qui serait là, puis j’eus tellement chaud que mon regard se porta vers le haut …et sur ce bonheur qui me traversait, la Lune au ciel s’illumina en point d’interrogation.

J’ai demandé à la Lune :

-C’est Jeanne ma face cachée ?

-Et la Lune s’est mise à rire… tu ne changeras jamais toi. Mais OUI !

Par LTDS - Publié dans : LesTempsDuSigne
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