Mardi 20 janvier 2009

 

 

En réponse à la nouvelle « question » d’Enriqueta….

Il y en aurait plus, il n’y en aurait qu’une aussi.

 

 

Ma peine vient de loin, de si loin que je ne sais ni d’où ni de quand, mais elle est là dans la tristesse du monde, dans la souffrance des vies, dans ces enfants qu’on offre à la mort, et toute cette colère qui sourde au fond de moi et qui repasse comme elle peut à travers les filtres de la mémoire. Ca me donne le goût amer du passé qu’on ne pourra pas changer.

Ma peine vient de là.

Mes larmes coulent, et si elles sont si courtes, c’est pour ne pas remplir la mer de mon sang de brumes. Il y a déjà bien assez de gris, de ce gris de deux ou trois cailloux qui enserrent le creuset de la source, et si j’y baigne encore mes rêves, c’est parce que je suis en vie…

Par LTDS - Publié dans : LesTempsDuSigne
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Samedi 17 janvier 2009

Il avait fait si froid dans cette journée.

Traversée de fatigue, je rentrais la tête dans les épaules, loin des regards, seule dans ce gris parsemé de couleurs courant dans tous les sens, je souriais, je me faisais petite vieille tirant sur les manches de mon pull… exactement comme ma mère n’aimait pas.

Des vols d’oiseaux de mer traversaient le ciel, un hélicoptère me rappelait le CHR, un petit peuple d’irréductibles fidèles attendait son tour pour résoudre de ma royale impartialité, deux ou trois mots envolés dont on ne savait plus où à force…mais c’était sa mère, alors il ne pouvait pas se laisser faire…oui…mais…

Oui…mais moi je suis crevée de froid…vous faites la paix ou bien je vais…je vais…et ils s’envolèrent les ailes mêlées d’être petits et grands.

Je me faisais penser à mon arrière grand-mère, à cette bosse dans le dos, à ce grand pli qu’elle avait sur le ventre…et je souriais parce que je savais qu’une fois rentrée au chaud j’allais me déplier et que toutes les couleurs me réanimeraient.

Ôter une à une mes pelures, retrousser mes dernières manches, un vague coup d’oeil à la pendule…hum…Et c’était déjà le soir.

Il y avait une étoile. La première.

Je ne savais plus son nom…Tu sais, Madame X, elle sait tous les noms des étoiles, attends d’être grand, mais attends d’être grand je ne l’ai pas dit…non…je me suis dit que j’aurais du ne pas oublier pour lui dire tout de suite parce que…Mais je n’ai plus eu trop le temps de réfléchir, en se retournant dans le jour mourant mêlé au vent et aux nuages, il a crié, on dirait la mer…Et j’ai rererere-souri, à force je ne sais plus s’il faut mettre un S à souri…

J’ai sept ans et des trous entre les dents, de longs cils noirs qui font des perles d’ailleurs lorsque je pleure, des perles qui brillent comme dans un conte…

J’ai un prénom tout drôle qu’on confond…et si je ne sais pas faire mes lacets, c’est parce que personne ne m’a appris…

Par LTDS - Publié dans : brouillon du temps
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Lundi 12 janvier 2009

Et le soleil courait dans l’entrechoc éclatant et brutal des étoiles. Moi je ne pouvais plus écrire, tout allait trop vite parmi les secondes bruyantes de la vie et même la Lune allumée en plein jour n’arrivait plus à enrayer la folle course qui m’éloignait de plus en plus de tous mes rêves….J’allais tombée en orbite, irrémédiablement perdue, brûlée, dévolue au cercle, à courir après la queue du renard bleu pour quelques dollars (parce que j’adore cette expression), pour quelques points d’honneur qui n’ont rien à voir avec ma conscience.

Pire que piégée, enfermée aux aiguilles d’une immense montre à me dicter toutes ses volontés, une semaine à ne rien voir avec mes yeux, c’était hier parce que je n’irai pas plus loin de qui je suis…

…parce que je m’appelle moi, que je m’aime d’un banc où m’arrêter pour ne pas répéter tout ce qui a fait m’engloutir dans ce qui n’avait aucune importance…

parce qu’il est clair que je ne reviendrai jamais en arrière, que je n’ai plus ces ans portés par la lumière d’être spectaculaire.

Alors un banc, juste une main, que la mienne peut-être au fond de ma poche, un brûlot sincère, un caillou de volcan d’une île peuplée de paradis, de mes rêves encore tout chauds de n’être pas morts…

 

C’était hier, j’étais de tous mes fils décousus, si difficile à dire autrement que par des images pour trouver ce juste milieu entre esclavage aveugle et cette terrible envie de vivre sans contraintes…Bien sûr que les deux pris à leur extrême sont une fuite.

 

Je me souviens chez mon grand-père, il y avait un magazine et à la fin chaque semaine une personne différente répondait à la question : c’est quoi être adulte ?

 

Je finis cette note, comme ça sur une question à laquelle chacun d’entre nous apportera une réponse différente parce que je pense que c’est ça être adulte.

 

 

(point météo…il fait +3…je dégèle enfin des mots, mon coeur se synchronise à la Lune…et j’ai le vertige d’une marée…)

 

(je t’aime)

Par LTDS - Publié dans : au delà des mots...il y a...
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Mercredi 7 janvier 2009

Je suis dans le cirage, le potage…que le sommeil m’habille de douce chaleur, qu’il épuise mes souvenirs d’hier et qu’il me taise et qu’il me tue de ses heures pour moi éperdues.

Me noyer dans la blancheur des draps, respirer mon corps apaisé de tous les noeuds déliés. Me débrancher de tous les mots qui me courent dans la tête, m’éteindre de toutes les musiques de la fête, m’entendre soupirer : j’ai fini d’écrire et demain je pourrai de nouveau lire tous ces livres…

Mon coeur se fait beau, je perds le contrôle, je me laisse prendre par les visages qui tournent autour de moi, formes silencieuses douces et rondes, je baigne enfant bercée de lueurs imaginaires, ma bouche s’entrouvre et j’expire le dernier souffle du passé pour me laisser pénétrer par le premier rêve qui passe.

 

 

Je dors profondément voyageuse à l’intérieur de moi, le connu et l’inconnu se lient, se délient,  je suis le fil sans explication, je vole, je nage dans la piscine vide, il n’y a pas de paroles, je serre un corps contre le mien, tout se mélange, il n’y a pas d’histoire, l’amour est là, je me sens bien…

Par LTDS - Publié dans : LesTempsDuSigne
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Mardi 6 janvier 2009

 

Elle m’a dit : Vous comprenez Melle Aslé, c’est vrai que je m’emporte mais je ne suis pas grossière…

Tous ces post-it trouvés le matin sur mon bureau, «mes » post-it sur lesquels elle écrivait avec le premier crayon venu, un feutre, un crayon de couleur, toujours polis, assez bien tournés…qui me faisaient sourire.

Je ne dis pas, si je les avais trouvés le soir quelle aurait été ma réaction, peut-être aurais-je répondu : passez la journée avec nous et vous comprendrez ?

Maintenant que l’on s’est vu, que l’on s’est parlé, que je lui ai expliqué, que je lui ai montré…et que, quand même, je dois bien l’avouer, j’ai tenu compte de certains de ses mots…Le matin, il n’y a plus de post-it pour m’accueillir, mais une petite table dénichée quelque part et qui tombe à pic là où je voulais, une affiche raccrochée…enfin…parfois trois fois rien mais qui font que c’est moi maintenant qui laisse des post-it pour lui dire merci…

 

 

C'était ma participation au nouveau jeu-défi d’Enriqueta…

Par LTDS - Publié dans : au delà des mots...il y a...
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