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Ne pas lever le pinceau ou la plume, laisser courir le tourbillon sur la page pleine de rêves, aller en oubliant jusqu’aux limites de la feuille, aller et déborder la mer en écume de plaisir, écrire comme peindre en laissant la folie rejoindre le cours de la vie.
Bouillonner de l’intérieur, laisser remonter les vapeurs invisibles, les étaler à la surface de l’infini et puis les souffler de bosses et de creux, en faire des montagnes ou des îles noyées dans les nuages, mais laisser faire des couleurs du rythme qui bat au coeur, paisible tumultueux, sordide affectueux… tout ce qui se déchire, s’ouvre, se rejoint, s’éloigne, s’indispose et s’aime.
Désopiler les certitudes, sans armes, ni combat, ne pas lever ni le pinceau, ni la plume, ni la caresse soufflant les cordes de la voix, écrire au silence des mots, et dire tout ce qui se danse en moi loin de toute explication.
Laisser faire aller les larmes et les rires qui mêlent la mort à qui je suis ; couler les dissonances, les erreurs, le passé enfoui aux terres de cendres tièdes à revivre…Ne pas lever mon âme du ciel où j’écris, m’enjoindre ardemment des remous du présent.
Aimer.
Ecouter l’appel de ce corps et ne pas quitter ce qui me porte, la page de l’encre bleue où tu es force, sirène aux entrailles de feu, source à nulle autre pareille, les deux et les cent mille vagues venues des profondeurs, courues des abysses de toi à moi à la surface de ce qui n’existe pas.
Ne pas lever le pinceau ou la plume, ni les yeux de tes yeux, aller en oubliant jusqu’à ce nous, qui fait la
somme de toi et moi.
T’écrire.
J’aimerais
rester dans ce matin, dans la chaleur de notre amour, ce soir je n’aurai plus de mots, je sais, je me fondrai aux couleurs du ciel qui se meurt à la douceur d’une journée d’hiver… aux pastels de
rose et de bleu.
J’aimerais rester à te lire, à boire le souffle chaud de tes mots, à mêler nos paysages, toi la mer, lui la montagne et moi mes collines de brumes. Rester à te dire combien je
t’aime, l’émotion qui me parcoure comme une onde de bonheur quand je pense à toi, à toi et lui, à toi et moi, à nous, à nous trois, sommets d’un triangle isocèle toujours changeant et toujours
fidèle, insaisissable aux mots, fait de silence, résonnant de rires, de tendresse, de sourires…et de colère parfois qui demande à sortir.
Ma tendre, mon épousée du ciel, mon Orion magnétique, j’aimerais rester encore un
peu dans tes bras avant que le jour ne commence à grignoter mon temps, qu’il ne consume toutes mes forces…J’aimerais rester et ne brûler que pour toi, tout le jour jusque si tôt dans la nuit
lorsque tu dormiras et que les ruisseaux chanteront l’horizon qui se lève de nouveau.
Il y a des hauts, des bas, des devants, des derrières, des petits jours et des grands jours. Des jour gris, des jours soleil mais il y a toujours du bleu quelque part dans le ciel, une part de haut, une part devant, une grande part même si je ne la vois pas, elle est là derrière ce tout petit bout du temps qui certains jours me noie de son brouillard.
Ce temps plat, plat à raser le sol du bout du nez, à me prendre les yeux dans les pieds et à finir allongée pour ramper jusqu’à ce lit qui me mène à un nouvel aujourd’hui en traversant le pays des rêves.
Mes si beaux rêves comme un fleuve infatigable à me consoler d’abord, en me berçant douce barque et puis tumultueux à m’emporter de tous mes désirs, à m’ouvrir l’avenir aux portes du présent et à me soupirer cet amour invisible qui me porte.
Jusqu’aux vagues.
Jusqu’à l’oiseau blanc.
L’oiseau blanc celui de cette dernière nuit, encore jamais vu, encore jamais existé et que pourtant j’ai sauvé.
Il vole immense de liberté et tu me demandes si je le reconnais, si c’est lui ou bien un autre, mais dans mes rêves je doute aussi, et pourtant il vient de me sourire alors je devrai savoir toujours que c’est lui.
Oui c’est lui, dans cet endroit, dans ce cinq heures du matin, dans cette demi-heure où je m’éveille en lui cherchant un nom, un quelque chose de ressemblant, peut-être à un gabian géant tout blanc…et puis j’abandonne, ça n’a pas d’importance…
Mais quand même…que faisait-il dans le coffre de ma voiture avant que je ne le relâche au dessus de toute cette eau ? de cet endroit qui n’était pas le bon mais où j’étais contente qu’il soit après m’être trompée deux fois de route, parce que j’étais certaine de pouvoir revenir encore et encore…