Jeudi 4 septembre 2008
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18:31
Tableau un
Tableau un
Je découpe les bandes bleues en rectangles, incapable de me concentrer sur la portée des mots à
venir. Les murs sont chauds de ce soleil qui s’échappe entre les verticales des stores à demi-jour. C’est si beau de pouvoir jouer de la lumière sans se couper du dehors.
Des bouffées de souvenirs de ces années passées sans même les voir ressurgissent, je m’englobe
dans l’hier un peu tétanisée, me prenant juste à laisser couler une larme béatement, d’avoir connu tous ceux qui me reviennent en mémoire. Et défilent les listes de prénoms jusqu’à mes derniers
doutes oubliés ici, au tout début entre ces murs lorsque je m’étais promis que je ne crierai plus.
Tableau deux
Dans le tiroir il y a ma flûte que j’interroge…sur quel socle devrai-je te déposer ? puisque
c’est un enterrement du vivant, puisque je ne peux plus démultiplier mon énergie comme je l’entendais.
Je reste dans l’incompréhension, dans la multiple disjonction de points à atteindre. Je ne vois
pas le but, je ne vois pas le sens, surtout je ne me vois pas lire en minuscules et chercher à comprendre comment je pourrais encore m’adapter.
J’ai des tant pis plein la bouche.
Je découpe les bandes bleues toutes neuves en rectangles, les rectangles tombent dans la boîte
étrange et je souris en songeant aux belles images que j’aimais tant offrir.
Je me sens vieille.
Tableau trois
J’ai perdu l’envie de cacher mon manque d’intelligence à adhérer au plus que parfait derrière le caméléon de ma résistance….
Il n’y a plus rien maintenant que le trop de la goutte qui m’a annihilée et éteinte
définitivement.
D’ailleurs la nuit il pleut la pluie qui efface sur le toit la mousse des hivers sans
soucis.
Tableau quatre
Le petit battement d’ailes qui renaît dans ma tête vide, cherche les mots à recoller chez les
autres.
Je débute, je re-débute.
Je suis tombée du nid et sans bagage que celui de la tristesse d’avoir connu un temps l’évidence
pure où l’insouciance rayonnante de ma liberté avait toutes les chances d’effleurer le coeur de la vérité.
Aujourd’hui je cherche un souffle débutant qui me guiderait parmi les questions qui ne seraient
pas des réponses officielles déguisées en point d’interrogation mais celles de ces choses qui me mettent mal à l’aise, ces situations réelles de la peinture avec du rouge de la vie et du bleu de
l’esprit.
Je ne sais pas.
Je vais mieux.
J’avais besoin de m’arrêter en découpant les rectangles bleus…
Tableau cinq
Comme les cinq doigts de la main, je me sens uni moi le pouce avec celui qui peut me permettre la
préhension du monde qui m’entoure.
Qu’importe le doigt venu pourvu qu’ensemble nous formions la pince des balbutiements, un peu
comme l’huître bleue prise dans le rouge feu de la bouche.
J’ai une nouvelle paire de ciseaux rouges à découper les rectangles bleus.
Tableau six (en construction)
Où tout sera le doute multiplié par ce qui existe…double rectangle bleu à ouvrir en couverture de
mots à écrire…
MOTS