Tu marchais, souviens-toi comme tu marchais, si vite, presqu’à courir, tu allais sans rien voir, encore moins regarder, tu avais cette chose devant toi à atteindre, cet endroit où aller, ce quelqu’un qui t’attendait.
Souviens-toi comme tu allais si vite pour ne jamais être en retard et même gagner de l’avance pour faire encore plus de ce que l’on attendait de toi.
Souviens-toi de ta vie de rien et arrête de pleurer.
Maintenant tu as le temps, le temps de tout et celui d’aimer l’inconnu, d’écouter les oiseaux chanter, de passer des heures à contempler une fleur, le temps d’être toi…le temps de rêver.
N’écoute plus la raison de celle qui ne t’as jamais aimée, ne pleure pas ses larmes de pardon, son oeil est sec, sa peau est froide, on ne verse pas de larmes pour un leurre, le leurre d’une vie, le temps qui dure, les habitudes, le temps sans amour, le temps d’un abri, le temps des circonstances, le temps de la mort.
Va la rejoindre, ne cherche pas son nom, ne cherche pas son adresse, appelle-la et dis-lui que tu viens, que la route n’est plus longue avec toute la beauté qu’il y a à prendre sur les côtés, dis-lui que tes poches déborderont de nouveaux souvenirs, de cailloux bleus, de sourires, d’arcs-en-ciel et de toutes ces choses à offrir.
Dis-lui que tu l’aimes et que tu es là dans ses pas, que tu as envie de lui faire l’amour mais que c’est sans importance parce que c’est beaucoup plus fort que ça sa main à prendre et à tenir.
Elle t’aime et tu ne sais plus très bien de son amour ou du tien qui t’éveille le matin car c’est le même…le vôtre…le nôtre puisque c’est moi qui parle et qui t’aime à ne plus jamais vouloir me retourner sur le passé et que bientôt je sais que ton attrape cauchemars aura capturé tous les fantômes de mes nuits, jusqu’au dernier…dans mes mots, dans tes mots, dans tes bras, dans tes milliers de bras mon amour.
Et l’avion qui t’envolera encore plus loin de moi, je le prendrai dans ton coeur, je serai là puisque tu m’aimes.
Je compte les fuseaux horaires à ne rien comprendre du jour et de la nuit, de la ligne spatiale du temps qui n’existe pas et je souris, je suis la tortue qui place ses petits à chaque coin de rue, une heure ce doit être ça, quelque chose de moi en plus petit, une marque, un jalon, un perpétuel sourire, une gentille grimace à l’accéléré du temps qui passe, plus poétique que les rides parallèles sur une carte pour retrouver le départ et l’arrivée d’une course entre deux océans… Mes mots s’arrêtent là d’écrire un court instant, je me sens Lindberg et je vais juste peindre le ciel vu du ciel en noir et blanc formé de gris car les couleurs de nous sont ailleurs…
Et l’oiseau volera, volera avec les ailes de toi et moi et lorsque j’écrirai les longues phrases, tu prépareras l’envol, mes larmes ne seront plus que l’encre du bonheur et toi seule la plume pour me dire tous ces mots d’espoir à ne jamais nous quitter, c’est comme ça, comme ça maintenant et tout se mélange, les verbes se conjuguent au présent mon ange, de l’essentiel de l’espace, de notre igloo sur la plage, du pont de singe entre les grues, de la danse des esprits de ton tatouage indien, de la douceur de ton épaule comme le tipi où te retrouver lorsque tous les feux de Bengale éteints, la vie est un murmure, une confidence à se dire sous le tendre regard de nos ours, juste toi et moi dans notre monde allongées sur les peaux à suivre des yeux la Lune, la demi-Lune, le croissant… et notre étoile de liberté…
Je t’aime
&
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