Lundi 30 mars 2009

Ma très chère Moi,

 

Asl& douce Asl&, souris… tu n’as plus à travailler, tu peux passer des heures et des heures au jardin recroquevillée sur le banc désarçonné par les années que t’ont offert tes collègues au cimetière pour ton départ de la vie d’aliénée.

Souris ma belle, tu as retrouvé la maigreur de tes jeunes années, les os saillants et même les taches de rousseur de tes tous premiers printemps.

Tu peux serrer ce joli chat blanc dans tes bras qui ronronne les milliers de je t’aime que tu lui disais lorsqu’avant elle était la lionne qui embrasait ton coeur. D’ailleurs ce chat est roux, tu sais je te le dis tout doucement mais tu n’y vois plus trop guère à présent…Mais je te le dis quand même parce que sachant que c’est moi qui te le dis : tu ne t’offusqueras pas d’avoir si tant vieilli.

Asl&, déjà tu étais à moitié sourde à vingt ans, mais avec subtilité tu compensas ce trouble en imaginant ce que devait être les paroles à entendre…à présent que tous tes sens s’en vont les uns après les autres, tu es bien libre d’écrire ce que tu entends les doigts passant sur les poils du chat.

Tu chantonnes, tu fredonnes et entre les deux dents de devant qui te manquent, tu peux siffler comme un garçon. Alors tu ris, tu ris toute seule aux merles que le chat ignore….Oui car sans te vexer, laisse-moi te dire que le chat en est à sa huitième vie et qu’il faudrait que tu songes à le libérer.

Enfin…Tu vois…Si je peux me permettre…

 

Voilà…je ne peux t’embrasser car ma prime jeunesse s’en est envolée  du miroir à baisers…Ainsi sommes-nous presqu’à égalité, sauf que moi j’ai en avance sur toi un paquet de dizaines d’années…d’heures…de secondes….d’éternité ?

Je ris…J’entends des merles siffler…

Par LTDS - Publié dans : Le Temps De Sourire
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Vendredi 27 mars 2009

Je vous ai retrouvé mon éternelle minute de silence.

Je savoure au matin de chaque jour, votre présence détachée du temps, alors pour ne pas rompre le charme de cet instant d’équilibre entre le jour et la nuit, je tais les passages futiles des mots qu’il me faut encore libérer.

Je parcours des yeux votre livre ouvert, tournant les pages offertes, petite fenêtre sur l’infini des émotions et de la raison.

Je suis (de) vos voyages, je ne me perds pas, je me retrouve, depuis ce loin à ce si près de vous, d’un paysage grandiose à  la petite feuille rouge recouverte d’un linceul de neige et qui fait battre l’oeil d’une douce poésie.

Le cercle de vos amis dansant en ronde vos préférences m’offre les sourires qui se dessinent sur mes lèvres et que vous ne verrez jamais malgré l’imprudence de mes dernières déchirures, mais qui se confondaient simplement, me dis-je à présent du recul, au murmure de mes remerciements.

Je n’écrirai jamais les choses simplement sinon à quoi bon écrire s’il suffisait de les dire.

 

Merci encore à toi…à Vous.

Par LTDS - Publié dans : LesTempsDuSigne
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Mercredi 18 mars 2009

La fille de l’insouciance se moque bien d’avoir de la chance, elle essaime les perles de son bonheur à tous les vents, les arbres sont les plus fidèles de ses amants, la solitude la plus aimante de ses servantes et l’amour le coeur d’une olive au piment rouge d’imprudence.

La fille de l’insouciance n’achève jamais ses pas de danse, elle finit toujours par s’envoler avec dans les mains de longs rubans rouges et blancs dont elle entortille les nuages avec l’émotion d’une enfant.

Et puis arrive un jour où la fille de l’insouciance trouve à l’olive le goût troublant de la passion. Sur le parquet de sa chambre à la pointe dressée de ses pieds, elle dessine une immense fresque d’arabesques retraçant la vie rêvée de quatre pieds sur terre à deux corps si étroitement liés qu’une seule pensée les unirait  par delà le ciel.

Alors, elle attache en collier les perles de son bonheur, les arbres par milliers sont autant de rivales, la solitude lui pèse le poids des nuits sans lune. Elle ouvre la fenêtre, descend le toit de l’innocence, autour du cou les perles se serrent si fort qu’elle en a mal mais il faut qu’elle parte pour l’île à double tour d’elles-mêmes.

Perdue sur la mer en doutes, elle erre des heures ou des années, les perles du collier incrustées dans sa chair lui rappellent la douleur d’aimer, mais elle se sent tirée, pressée par le bonheur qui vient d’ailleurs, de celle qui, sur la plage de l’île l’attend en amassant des hivers de coquillages depuis ce premier temps au goût troublant de l’olive rouge naissant.

Une heure ou un jour, elle se sent libre enfin, prise dans le filet des vagues, elle est ce voilier en bois d’olivier, si légère captive dans les blancheurs au mat dressé, que son collier devient la chaîne de l’ancre de tous les mots qu’elle a pour Elle.

Elle, et son corps de sirène qui tire si doucement, de la tendresse de sa bouche, tout le collier de ses amours et qui une fois sortie de l’eau, redevenue femme de la terre, de sa langue efface, et le bateau, et le voyage, et la fille de l’insouciance tombée du toit de l’innocence…pour lui nouer au fond des yeux les plus belles perles de nacre qui soient, celles qui se polissent à la caresse du jour qui vient juste à peine de naître.

Après, il n’y a plus de mots.
 

Par LTDS - Publié dans : au delà des mots...il y a... - Communauté : Les Temps Du Signe
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Samedi 14 mars 2009

Parking maudit…Le jour se lève, j’ai attaché les voyelles de Jeanne à mon arc-en-ciel. Dans ma tête j’ébauche un itinéraire de boîtes jaunes sans repasser devant la même, point de départ : celle de la petite gare de la ville où j’ai grandi…

J’écoute Angélique, j’ai enfin une voiture digne de ce nom avec de la musique et en plus le CD reprend là où je l’avais arrêté.

J’ai mal au ventre, les deux nuro. n’ont pas encore entamé leur processus de décongestion.

Ah ! Oui ! Elle est vraiment comme il faut cette voiture, avant-hier sur le parking maudit, je ne savais plus si c’était elle ou si c’était elle …alors génial, j’ai appuyé sur le bouton de la clé et elle m’a fait des appels d’éclair avec ses yeux oranges.

Les dames regardent leurs montres…mais qu’elles viennent…je leur répondrai que je n’ai pas la clé, ce qui est faux, mais je ne vais quand même pas leur dire : je n’ai pas le courage, vous comprenez la Lune m’aspire, elle me vampirise toute mon énergie.

Je suis un véritable orgue de barbarie, je sais qu’à la fin du dernier trou du carton, je chanterai le temps des cerises en grec.

C’est mieux d’être comme ça.

 

Laquelle me plairait ? Aucune.

Une que j’aime assez, est si timide qu’elle me fait un bien fou chaque matin avec ses sourires du bout des yeux. Moi je ne peux pas me laisser à être timide, non pas ici.

Je pense à Jeanne, mais pas trop, sinon je vais voir des cerises partout, des bouches à embrasser, brune, ocre, rouge…

Je dois être un tout petit peu folle.

Elles sont de plus en plus nombreuses, des femmes et des femmes…non vraiment je ne peux pas descendre de ma voiture je vais me faire dévorer et puis j’ai mis mes nouvelles chaussures…

 

Et voilà l’homme sous sa barbe de gnome…au pas de la légion étrangère et c’est comme si sous ses pieds lestés s’ouvrait le désert.

Elles lui écartent le chemin et il commence à serrer les mains, à regarder dans les poussettes. Moi, les bébés me font peur parce qu’après ils deviennent grands, tout ça c’est à cause de cette histoire de la fée Carabosse que je n’ai toujours pas digéréE…enfin…bon…c’est une autre histoire.

Il n’y a plus personne sur le parking maudit.

Je descends de mon carrosse, droite comme une girafe avec mes 10 kilos d’altère au bout de chaque bras.

 

Premier contact humain, c’est l’angoissée de service :

 

-Caçaça…va !?

 (biz ! biz !)

- …

 

Je chante Angélique Ionatos et elle me regarde comme si j’étais une fée qui venait d’atterrir sur Terre, vraiment, parce qu’elle  sourit et que d’un coup, je la trouve belle dans son pull bleu et gris.

 

 

(Bon…je ne vais pas tout recopier…juste pour terminer, te dire merci Jeanne de m’avoir fait découvrir Angélique…)

Par LTDS - Publié dans : brouillon du temps
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Vendredi 13 mars 2009

 

 

 

Elle s’inventait un silence en fermant les yeux, un temps arrêté, une syncope, elle baissait un volet entre elle et eux, une fois, deux fois, trois fois et puis du bout des doigts elle caressait à travers ses paupières, la terre et sa jumelle, sans appuyer, sans frotter, vraiment une caresse, un plaisir de partir dans le sourire d’une larme sans eau, dans une mer sans vagues…

Elle ne perdait ni sa force, ni sa présence, ni son rôle et ni sa place, elle s’inventait une absence, au lieu d’un cri à rajouter au bruit, à l’escalade d’une mauvaise symphonie qui avait pris ses premières notes sur son propre air de fatigue.

« Merci Madame »

Ce soir-là, sur le tableau, les mots écrits lui avaient fait plaisir bien plus que les « Vous êtes belle » ou « Madame je vous aime ».

Ce soir-là, elle leur avait demandé pourquoi ce merci… : …mais pour tout…Ils ne trouvaient pas comment dire. Elle non plus d’ailleurs, elle avait juste dit : ce n’est pas à moi qu’il faut dire merci, mais son sourire n’avait pas su les tromper…puisqu’en partant ils lui ont dit : à lundi…

 

Elle avait mal aux pieds quand les autres avaient mal à la gorge, elle fermait les yeux en s’inventant un silence pour éteindre le feu qui avait mal pris alors que les autres attisaient leurs erreurs pour qu’elles brûlent du plus profond de leur colère.

Elle agaçait quand même, d’être sans conflit, sans plainte, (ou si peu) sans file d’attente sur son carnet de rendez-vous de réclamations en tout genre…

Vraiment, parfois elle se sentait louche, elle devait être habitée par trop de gentillesse…pourtant on ne lui avait jamais dit qu’elle était trop gentille, ni qu’elle manquait d’exigence…

 

 

(prochaine épisode : le parking maudit…pas trop le courage de recopier mon cahier de la semaine…)  

Par LTDS - Publié dans : brouillon du temps
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