J’ai lu Petite Momie…alors je me relance dans mes souvenirs.
Vous auriez aimé ma mère si vous l’aviez connue. C’était un être pathétique. Je ne sais pas trop ce que veut dire ce mot.
Elle n’était ni grande, ni frêle, ni décharnée lorsqu’elle était vivante et heureuse. Elle était toute petite, ronde avec des tâches de rousseur, un petit nez à fossettes retroussé et de grands yeux bleu clair tout pétillant.
Charpentue comme une robuste fille de la campagne et des poumons clairs élevés à l’huile de foi de morue et puis bien sûr elle était blonde comme les blés d’Alsace.
Elle aussi pleurait toutes les nuits et le jour aussi mais pas de n’avoir pu trouver le grand amour, ni de l’avoir perdu puisqu’elle l’avait.
C’est mon père qui est parti lorsqu’il a été à bout de cette saloperie de maladie qui a défiguré toute leur vie.
Je ne vais pas remettre les notes sur ma mère en ligne parce que je n’ai plus envie de tristesse et de mauvais souvenirs.
Mes frères lui ressemblent…et leur blondeur me fait pâlir d’envie. Leur candeur, plus trop leur insouciance…enfin plus trop maintenant qu’ils sont grands et indépendants mais quand même ils sont toujours là, à laisser tomber leur chez eux pour courir morte flamme au secours de la vieille dame qui autrefois les éleva au royaume des lettres et de l’alphabet. Je dis celle-là, je dis aussi toutes ces personnes que je ne connais pas et qui au hasard d’une rencontre me reconnaissant pour eux me remercient en lieux et place.
Alors je rougis.
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