A la soixante douzième porte je suis entrée, il y avait toujours des erreurs sur la page mais j’ai quand même glissé mon image. Je suis entrée ne connaissant pas par coeur le nom de tous mes muscles. Je n’ai pas vraiment décidé. C’étaient mes muscles, de la terre de mes pieds au ciel de mes cheveux qui avaient pris le pouvoir sur mon cerveau. Ils m’ont poussée là croyant se reposer, mais moi j’étais bien trop curieuse de savoir le nom de ces erreurs, alors j’ai glissé mon image dans l’urne pour étudier les fissures de mon âme.
Maintenant je suis en photo assise sur un banc…d’essai et j’attends l’inexorable mouvement qui me catapultera en étoile jusqu’au firmament.
Et ce n’est pas un rêve que je vous raconte là, ce sont les mots qui me traversent.
Un rêve, un vrai, en voilà un, un de ceux dont je me souviens et qui m’a réveillée à une heure pas permise pour un samedi. J’allais me faire violer et il est arrivé, lui, sarkiko et de sa seule présence il m’a assuré que l’autre n’oserait plus…mais enfin je me suis quand même réveillée.
Hum…Je sens que cette note sera fort décousue.
« On a l’temps » J’aime dire ça à l’amiral, ça me fait insouciante d’épicure comme à mes vingt ans de prendre le plaisir de sa cuisine qui aujourd’hui est indienne, pour ce parfum des épices, de ce qui arrive au ralenti depuis des heures.
On aurait du ouvrir un restaurant, il aurait fait la cuisine et la compta (ses deux passions), moi j’aurais fait le jardin et le marché, on aurait embauché une grande serveuse qui aurait fait les ballets russes et puis qui se serait mariée avec mon frère…alors on aurait pérennisé l’affaire pour un siècle… Ma mère depuis le ciel aurait applaudi et ma grand’mère aurait donné des messes pour les vivants qui ne sont pas morts à Gorki.
Sinon à part ça…cela fait quinze jours que je n’ai pas écrit, parce que c’est trop fort, je rentre trop dans l’histoire, bien plus que dans le plus passionnant des livres que tu puisses lire, ça me prend tout, je crois que ça me rend folle. Donc il va falloir là aussi que je me fixe des règles de temps à ne pas dépasser pour ne pas trop m’immerger et me couper de la vie. Enfin ! C’est commencé, j’ai la situation initiale, c’est une double écriture, il y a une histoire et en même temps j’ai la place pour tous les mots qui me traversent…ah je rejoins le début de ma note…Je suis forte non !? de retomber ainsi sur mes pieds.
Que dire encore ce soir d’essentiel ? Que ma cuisine a besoin d’un sacré coup de peinture ?
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